Comprendre le péché

Les sept péchés capitaux et les vertus qui les vainquent

Les sept péchés capitaux —l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse— sont dits « capitaux » parce qu’ils sont la racine d’où naissent d’autres péchés. Ils ne sont pas toujours des péchés mortels, mais, sans frein, ils façonnent toute une vie. À chacun répond une vertu que vous pouvez pratiquer.

Mis à jour le 2 octobre 202610 min de lecture

Sept bougies allumées sur un chandelier en fer forgé dans une niche de pierre au crépuscule, avec une silhouette agenouillée en prière à l’arrière-plan.

En bref

  • Les sept péchés capitaux sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse (ou acédie).
  • On les dit « capitaux » parce qu’ils sont les sources d’où naissent d’autres péchés et vices (CEC 1866).
  • Ils ne sont pas la même chose que les péchés mortels : un péché capital est une racine ou une inclination, et qu’un acte soit mortel dépend de sa matière, de votre connaissance et de votre consentement.
  • La tradition chrétienne oppose à chacun une vertu : humilité, générosité, charité, patience, chasteté, tempérance et diligence.
  • Reconnaître celui qui vous travaille le plus et choisir sa vertu est un moyen concret de grandir et de vous préparer à la confession.
Sur cette page
  1. Que sont les péchés capitaux ?
  2. Les péchés capitaux sont-ils des péchés mortels ?
  3. Les sept péchés capitaux et les vertus qui y répondent
  4. L’orgueil, l’avarice et l’envie
  5. La colère, la luxure, la gourmandise et la paresse
  6. Quelles sont les sept vertus contraires ?
  7. Comment utiliser les péchés capitaux dans l’examen de conscience
  8. Questions fréquentes

Que sont les péchés capitaux ?

Les péchés capitaux sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse. On les dit « capitaux » (du latin caput, « tête ») parce qu’ils sont les sources d’où naissent d’autres péchés et vices (CEC 1866). On les appelle aussi, dans le langage courant, les « sept péchés mortels », même si ce n’est pas exactement la même chose. La liste des sept a été transmise par saint Jean Cassien, qui a porté en Occident la sagesse des moines du désert, et a reçu sa forme classique de saint Grégoire le Grand.

Le mot « capital » indique ce que ces péchés font : chacun est une racine, une inclination enracinée du cœur d’où naissent beaucoup de péchés particuliers. L’orgueil engendre le mépris et l’ambition ; l’envie engendre la médisance et la joie secrète devant la chute d’autrui. Nommer la racine vous aide à voir tout le schéma, et pas seulement l’acte qui est devant vous.

Les péchés capitaux sont-ils des péchés mortels ?

Pas nécessairement. Un péché capital nomme une tendance ; qu’un acte concret qui en naît soit mortel ou véniel est une autre question. Un péché n’est mortel que lorsque trois conditions sont réunies ensemble : matière grave, pleine connaissance et consentement délibéré (CEC 1857). S’il en manque une, le péché est véniel. Nos guides sur le péché mortel et le péché véniel expliquent la différence, et le péché regarde le péché lui-même.

Ainsi, l’orgueil ou la luxure peuvent être la racine d’un péché grave ou de petites fautes quotidiennes, selon la matière et selon votre liberté et votre lucidité. Les péchés répétés, même véniels, creusent ces racines et se durcissent en vices (CEC 1865, 1876). Vous seul et votre confesseur pouvez peser un acte précis ; l’Église ne vous demande jamais de déclarer l’état de votre âme à partir d’une liste. Dans le doute, apportez-le à la confession et demandez.

Les sept péchés capitaux et les vertus qui y répondent

À chaque péché capital s’oppose une vertu contraire : une bonne habitude que vous pouvez pratiquer exprès jusqu’à ce qu’elle devienne plus forte que le vice. Le tableau les associe. Les vertus de droite sont les réponses traditionnelles ; l’enseignement du Catéchisme sur la vertu est un peu plus large, et nous y venons plus bas.

Les sept péchés capitaux et les vertus contraires
Péché capitalCe que c’estLa vertu qui y répond
OrgueilAimer sa propre excellence sans mesureHumilité
AvariceAmour désordonné de l’argent et des biensGénérosité
EnvieTristesse du bien d’autrui et désir de l’avoir (CEC 2539)Charité, bienveillance
ColèreDésir désordonné de vengeance ou rancune tenacePatience et douceur
LuxureDésir désordonné du plaisir sexuelChasteté
GourmandiseManger ou boire sans mesureTempérance
Paresse (acédie)Paresse spirituelle qui néglige le bienDiligence, zèle pour Dieu

L’orgueil, l’avarice et l’envie

L’orgueil est aimer sa propre excellence sans mesure : vouloir être le premier, être admiré, ne rien devoir à personne, et surtout pas à Dieu. Dans la vie ordinaire, cela ressemble à ne pas savoir demander pardon, à devoir gagner chaque discussion, ou à mépriser les autres en silence. La vertu qui le guérit est l’humilité, la vérité sur soi-même devant Dieu. Un pas concret : chaque jour, nommez une chose que vous avez reçue plutôt que méritée, et rendez-en grâce à Dieu.

L’avarice est un amour désordonné de l’argent et des choses : non pas les utiliser, mais s’y accrocher. Elle se voit dans le fait de n’avoir jamais assez, dans l’angoisse de l’argent, dans la pingrerie envers les pauvres ou envers sa propre famille. Sa vertu est la générosité : tenir les choses d’une main ouverte et donner sans calculer. Un pas : choisissez quelque chose à donner cette semaine, et donnez-le avant de pouvoir vous en dissuader.

L’envie est la tristesse du bien d’autrui et le désir de l’avoir pour soi (CEC 2539). Saint Augustin l’a appelée « le péché diabolique ». Elle se cache dans la comparaison, dans le petit soulagement que l’on ressent quand un rival échoue, dans le défilement qui nous laisse aigris. Sa vertu est la charité, la bienveillance fraternelle : vouloir le bien de l’autre. Un pas : quand l’envie monte, priez sincèrement pour la personne que vous enviez, et remerciez Dieu pour un don qui est le vôtre.

La colère, la luxure, la gourmandise et la paresse

La colère est le désir désordonné de vengeance, ou une rancune tenace qui empêche la blessure de se refermer. La colère en elle-même n’est pas un péché ; Jésus lui-même l’a ressentie. Mais la nourrir, ou agir pour faire du mal, l’est. Elle se voit dans les rancœurs, dans la langue acérée à la maison, dans la fureur au volant. Sa vertu est la patience et la douceur : une force qui reste douce. Un pas : quand on vous provoque, attendez. Ne dites rien pendant une heure, et priez d’abord pour cette personne.

La luxure est le désir désordonné du plaisir sexuel, coupé de l’amour et de sa place dans le mariage. Elle se voit dans la pornographie, dans le fait d’utiliser une autre personne, même en imagination, comme un objet et non comme quelqu’un. Sa vertu est la chasteté : intégrer la sexualité dans la personne tout entière, selon votre état de vie. Un pas : nommez honnêtement ce qui vous tente, retirez l’une de ces occasions, et demandez de l’aide, à la confession et à quelqu’un de confiance.

La gourmandise est manger ou boire sans mesure, faire du confort du corps un petit dieu. Elle est plus discrète qu’il n’y paraît : le verre de trop pour anesthésier la soirée, l’habitude du grignotage devant l’écran qui ne rassasie jamais. Sa vertu est la tempérance, qui remet les bonnes choses à leur juste place (CEC 1809). Un pas : gardez un petit jeûne, comme sauter la seconde portion ou le grignotage entre les repas, et offrez la faim comme une courte prière.

La paresse, ou acédie, n’est pas une simple fainéantise, mais une lourdeur spirituelle : une tristesse devant les choses de Dieu qui pousse à négliger la prière, le devoir et l’amour. Elle se voit dans la distraction sans fin, dans le fait de remettre à plus tard ce qui compte le plus, dans un haussement d’épaules devant sa propre âme. Sa vertu est la diligence, un zèle joyeux pour le bien. Un pas : choisissez chaque jour un petit acte de prière fixe et tenez-le, surtout les jours où vous en avez le moins envie.

Quelles sont les sept vertus contraires ?

Vous avez peut-être vu les péchés capitaux associés à « sept vertus » : chasteté, tempérance, charité, diligence, patience, bienveillance et humilité, une contre chaque péché. Cet appariement est une tradition de dévotion, non une liste que donne le Catéchisme. Il est né d’écrits chrétiens anciens comme le poème « Psychomachia » de l’écrivain Prudence (vers l’an 400), qui peignait les vertus et les vices en guerre, et il a été façonné par les catéchismes postérieurs. C’est une bonne aide pour mémoriser, pourvu que l’on se rappelle où l’Église elle-même met le poids.

Le Catéchisme enseigne trois vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité, infusées par Dieu et qui nous orientent vers lui (CEC 1813). Autour d’elles tournent les quatre vertus cardinales : prudence, justice, force et tempérance, autour desquelles toutes les autres se regroupent (CEC 1805). À cela l’Esprit Saint ajoute ses sept dons (CEC 1845). Ainsi, les « vertus » traditionnelles sont un bon point de départ, mais le vrai moteur du changement est la charité, que le Catéchisme appelle la forme de toutes les vertus.

Comment utiliser les péchés capitaux dans l’examen de conscience

Les péchés capitaux sont un outil ancien et concret pour l’examen de conscience. Là où les dix commandements demandent ce que vous avez fait, les péchés capitaux demandent pourquoi : quelle racine continue de porter le même fruit. Lisez les sept lentement et remarquez lequel est le plus actif en vous en ce moment. Vous en trouverez le plus souvent un ou deux, pas les sept.

Portez ensuite cette racine à la confession, nommez les actes auxquels elle vous a conduit, et choisissez sa vertu contraire comme plan. N’essayez pas de vaincre les sept d’un coup ; la grâce travaille une chose à la fois. Et ne mesurez jamais votre âme à la longueur de la liste. Mesurez-la à la miséricorde qui vous attend.

Questions fréquentes

Quels sont les sept péchés capitaux dans l’ordre ?

Le Catéchisme les énumère ainsi : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse ou acédie (CEC 1866). L’ordre n’est pas fixé dans l’Écriture, et les auteurs les classent diversement ; beaucoup de traditions placent l’orgueil en premier car elles y voient la racine des autres. Pour votre vie, l’ordre importe moins que de savoir lequel est le plus actif en vous.

Pourquoi les appelle-t-on péchés capitaux ?

On les appelle capitaux du mot latin qui signifie tête, parce qu’ils sont les têtes ou les sources d’où naissent d’autres péchés. Le nom courant de péchés mortels reflète qu’ils peuvent conduire à la mort spirituelle lorsqu’ils donnent naissance à un péché mortel. Le schéma des sept vient de la tradition monastique, surtout de saint Jean Cassien, et a reçu sa forme classique de saint Grégoire le Grand.

Les péchés capitaux sont-ils toujours des péchés mortels ?

Pas automatiquement. Un péché capital est une racine ou une inclination, non un acte isolé. Qu’un acte qui en naît soit mortel dépend de trois conditions réunies : matière grave, pleine connaissance et consentement délibéré. S’il en manque une, le péché est véniel. La même racine, comme l’orgueil ou la luxure, peut produire des péchés graves ou de petites fautes quotidiennes. Dans le doute sur un acte, confessez-le et demandez à votre prêtre.

Quel est le pire des péchés capitaux ?

La tradition chrétienne tient généralement l’orgueil pour le plus profond, et l’appelle la racine ou la reine des autres, parce qu’il est le refus de dépendre de Dieu qui se cache sous tant de péchés. Saint Thomas d’Aquin le traite ainsi. Pourtant, l’Église ne classe pas votre culpabilité personnelle d’après une liste. Le péché capital le plus dangereux pour vous est celui qui travaille le plus votre propre cœur maintenant.

Quelles sont les sept vertus qui leur sont opposées ?

La tradition oppose l’humilité à l’orgueil, la générosité à l’avarice, la charité ou bienveillance à l’envie, la patience à la colère, la chasteté à la luxure, la tempérance à la gourmandise et la diligence à la paresse. On les appelle parfois les sept vertus contraires. C’est un schéma de dévotion utile, plus qu’une liste formelle du Catéchisme, qui enseigne les trois vertus théologales et les quatre cardinales comme fondement de la vie morale.

Où sont les sept péchés capitaux dans la Bible ?

Aucun verset unique ne dresse la liste des sept. Les passages les plus proches sont Proverbes 6,16-19, qui nomme sept choses que le Seigneur déteste, et Galates 5,19-21, la liste de saint Paul des œuvres de la chair, à laquelle répond le fruit de l’Esprit. La liste des sept péchés capitaux elle-même a été rassemblée plus tard par la tradition monastique et par saint Grégoire le Grand à partir de toute l’Écriture.

Comment confesser un péché capital ?

Confessez les péchés concrets que la racine a produits, et non la seule tendance. Par exemple, au lieu de dire seulement orgueil, nommez où il vous a mené : que vous avez rabaissé quelqu’un, refusé de demander pardon, ou agi par vanité. Si un péché peut être mortel, dites à peu près combien de fois. Vous pouvez aussi dire au prêtre quel péché capital vous travaille le plus, pour qu’il vous aide à choisir une vertu et un plan.

Sources

Citées par paragraphe et par verset, pour que vous puissiez les lire en entier. Au bout du compte, votre prêtre a le dernier mot.

Confession Compass est un outil éducatif indépendant, et non un organisme officiel de l'Église catholique. Il n'absout jamais les péchés : seul un prêtre, dans le Sacrement de Réconciliation, peut absoudre.